Pour une société vivante

Raoul Vaneigem, Pour l'abolition de la société marchande, pour une société vivante (Payot & Rivages, 2002)

« Nous ne nions pas l’état d’inhumanité où nos sociétés croupissent, nous refusons seulement de l’entériner et nous sommes résolus à nous battre pour faire triompher ce qu’il y a en nous de plus humains. » (p. 100)

« Créer les situations qui proscrivent la destruction de l’homme et de son environnement, c’est commencer par propager la conscience de notre richesse créative, c’est miser sur le désir d’une vraie vie pour abolir les vieux réflexes qui nous assujettissent aux mécanismes de la concurrence, de la compétition, de la force, de la ruse, de l’échange, du sacrifice, de la culpabilité. Car la victoire de l’économie totalitaire repose sur le harassement de l’homme économisé, comme le parti de la mort et de la haine rallie ceux qui renoncent à aimer la vie. » (p. 103)

« Ne permettez plus que les hommes politiques stigmatisent l’insupportable violence faite aux individus alors qu’ils la suscitent sciemment, dès l’enfance, vulgarisant, au nom de la rentabilité, un élevage concentrationnaire où, parqués de vingt-cinq à trente par classe, les écoliers se trouvent crétinisés par les principes de compétition et de concurrence, soumis aux lois de la prédation, initiés au fétichisme de l’argent, confits dans la peur de l’échec, infestés par l’arrivisme, livrés à des fonctionnaires amers et mal payés, moins enclins à nourrir la curiosité des jeunes générations qu’à se venger sur elles de leur infortune. » (p. 104) -> ici la charge me semble caricaturale, oubliant quelques professeurs merveilleux qui œuvrent contre vents et marées pour accompagner leurs élèves, mais ce versant sombre de l’école existe bel et bien, comme en attestent toutes les enquêtes sur les inégalités scolaires

« Dans un monde qui se détruit, la création est la seule façon de ne pas se détruire avec lui. Seule la puissance imaginative, privilégiée par un absolu parti-pris de la vie, réussira à proscrire à jamais le parti de la mort lucrative, dont l’arrogance fascine les résignés. (…) « Savoir reconnaître, disait Calvino, ce qui dans l’enfer n’est pas l’enfer, et lui consacrer de l’amour et du temps. » (p. 116)

Raoul Vaneigem, Pour l’abolition de la société marchande, pour une société vivante (Payot & Rivages, 2002)

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