La septième fonction du langage, Laurent Binet

Laurent Binet, La septième fonction du langage, Grasset 2015
Laurent Binet, La septième fonction du langage, Grasset 2015

J’ai enfin pu mettre la main et me plonger dans ce bouquin qui m’intriguait depuis quelques mois. En attendant, j’avais tenté – sans succès – de lire  HHhH. Avec celui-ci, j’ai plongé tête baissée dans l’intrigue, tout dévoré en quelques jours. C’est brillant, drôle, ébouriffant. Un genre de polar réthorique. Binet réussit le tour de force de synthétiser en quelques lignes la pensée des barons du structuralisme (Foucault, Derrida, Searle, etc.), de les rendre accessibles et marrants. Au prix de quelques raccourcis peut-être (?), mais ça marche. Il y a par contre des invraisemblances dans l’enquête policière qui m’ont un peu gênée (pourquoi Simon et Bayard n’interrogent-ils pas Jakobson quand ils le reconnaissent ?), mais qui ne m’ont aucunement empêchée de bien m’amuser à la lecture de ces presque 500 pages.

“Je crois que je suis coincé dans un putain de roman.
What ?
– I think I’m trapped in a novel.
L’étudiant à qui il s’adresse se renverse en arrière, souffle vers le ciel la fumée de sa cigarette, regarde les étoiles filer dans l’éther, boit une gorgée de bière au goulot, s’appuie sur un coude, laisse planer un long silence sur la nuit américaine et dit : “Sounds cool, man. Enjoy the trip.”

Laurent Binet, La septième fonction du langage, Grasset 2015.