Psychogéographie souterraine

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Psychogéographie souterraine
(...) si tous les visiteurs des sous-sols ne participent pas aux festivités souterraines, si tous ne consomment pas de stupéfiants, chacun d'entre eux en revanche subit le bouleversement physiologique induit par les oubliettes parisiennes, aucun ne peut faire l'économie de plus ou moins longues traversées. Perturbations sensorielles, fatigue, activité répétitive, visions monotones, avec pour fond un terrain psychologique adéquat, labouré par l'inquiétante étrangeté des lieux : bientôt c'est la douce léthargie, la séquence hypnotique s'est enclenchée, et déjà l'esprit vagabonde dans la richesse symbolique de ces parois plusieurs fois centenaires, saignées de tant de messages contradictoires ; les barrières ontologiques s'affaissent, le vivant se dissout dans l'inerte, l'inerte s'insinue dans le vivant ; aux retours aux origines charnelles s'ajoute, à travers cette immersion dans la roche, le retour aux origines de l'espèce, marquant ainsi la réunion des figures maternelles. La confusion temporelle fait irruption ; dans l'éternelle obscurité, le passé et le présent se confondent jusqu'à perdre leur sens.
- Aurélien Noyelle, Sous Paris, Lemieux, 2017, p. 230-231.

Arcade Huang

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« L'Asie est alors objet, art et imaginaire, elle n'a encore rien d'humain, ou alors ce sont quelques « bête curieuses » qui débarquent et sont exposées dans la capitale en tant que « chrétiens convertis »,« spécimens rares » ou « princes exotiques »... À l'exception de quelques destins particuliers, comme celui du Chinois Arcadius Hoang (Arcade Huang), qui épousera en 1712 une Parisienne et travaillera plusieurs années à la Bibliothèque royale de Paris (...). »
- Pascal Blanchard & Éric Deroo, Le Paris Asie, La Découverte, 2004, p. 10

On trouve bien peu de choses en ligne sur ce mystérieux Arcade (quel prénom !) Huang... Si ce n'est cette fiche Wikipédia, et ce livre écrit par Danielle Elisseeff, disponible à la Réserve centrale des bibliothèques de la Ville de Paris. J'aurais aimé voir son image. J'essaye de l'imaginer, bibliothécaire chinois trottinant le long des trottoirs de la rue Vivienne, dans le Paris du début du XVIIIe...

Louis-René Boquet, Chinoise et Chinois, maquette de costumes, XVIIIe. Source : Gallica / BNFLouis-René Boquet, Chinoise et Chinois, maquette de costumes, XVIIIe. Domaine public. Source : Gallica / BNF
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