Dans tes cheveux

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Classé dans : Notes de lecture Mots clés : Brautigan, cheveux, poésie
I want your hair
to cover me with maps
of new places

so everywhere I go
will be as beautiful
as your hair

- Richard Brautigan, Map Shower, Il pleut en amour, Points Seuil, 2017, p. 94 Mrs Frampton, circa 1890Mrs Frampton, circa 1890. photo Hulton Archive/Getty Images.

Psychogéographie souterraine

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Psychogéographie souterraine
(...) si tous les visiteurs des sous-sols ne participent pas aux festivités souterraines, si tous ne consomment pas de stupéfiants, chacun d'entre eux en revanche subit le bouleversement physiologique induit par les oubliettes parisiennes, aucun ne peut faire l'économie de plus ou moins longues traversées. Perturbations sensorielles, fatigue, activité répétitive, visions monotones, avec pour fond un terrain psychologique adéquat, labouré par l'inquiétante étrangeté des lieux : bientôt c'est la douce léthargie, la séquence hypnotique s'est enclenchée, et déjà l'esprit vagabonde dans la richesse symbolique de ces parois plusieurs fois centenaires, saignées de tant de messages contradictoires ; les barrières ontologiques s'affaissent, le vivant se dissout dans l'inerte, l'inerte s'insinue dans le vivant ; aux retours aux origines charnelles s'ajoute, à travers cette immersion dans la roche, le retour aux origines de l'espèce, marquant ainsi la réunion des figures maternelles. La confusion temporelle fait irruption ; dans l'éternelle obscurité, le passé et le présent se confondent jusqu'à perdre leur sens.
- Aurélien Noyelle, Sous Paris, Lemieux, 2017, p. 230-231.

Le parti-pris de la vie

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Classé dans : Notes de lecture Mots clés : Raoul Vaneigem, politique, école, graffitis
Nous ne nions pas l’état d’inhumanité où nos sociétés croupissent, nous refusons seulement de l’entériner et nous sommes résolus à nous battre pour faire triompher ce qu’il y a en nous de plus humains.
(p. 100)
Créer les situations qui proscrivent la destruction de l’homme et de son environnement, c’est commencer par propager la conscience de notre richesse créative, c’est miser sur le désir d’une vraie vie pour abolir les vieux réflexes qui nous assujettissent aux mécanismes de la concurrence, de la compétition, de la force, de la ruse, de l’échange, du sacrifice, de la culpabilité. Car la victoire de l’économie totalitaire repose sur le harassement de l’homme économisé, comme le parti de la mort et de la haine rallie ceux qui renoncent à aimer la vie.
(p. 103)
Ne permettez plus que les hommes politiques stigmatisent l’insupportable violence faite aux individus alors qu’ils la suscitent sciemment, dès l’enfance, vulgarisant, au nom de la rentabilité, un élevage concentrationnaire où, parqués de vingt-cinq à trente par classe, les écoliers se trouvent crétinisés par les principes de compétition et de concurrence, soumis aux lois de la prédation, initiés au fétichisme de l’argent, confits dans la peur de l’échec, infestés par l’arrivisme, livrés à des fonctionnaires amers et mal payés, moins enclins à nourrir la curiosité des jeunes générations qu’à se venger sur elles de leur infortune.
(p. 104)

-> ici la charge me semble caricaturale, oubliant quelques professeurs merveilleux qui œuvrent contre vents et marées pour accompagner leurs élèves... Mais au-delà de ces rencontres, ce versant sombre de l’école comme système existe bel et bien, comme en attestent toutes les enquêtes sur les inégalités scolaires…

Dans un monde qui se détruit, la création est la seule façon de ne pas se détruire avec lui. Seule la puissance imaginative, privilégiée par un absolu parti-pris de la vie, réussira à proscrire à jamais le parti de la mort lucrative, dont l’arrogance fascine les résignés. (…) « Savoir reconnaître, disait Calvino, ce qui dans l’enfer n’est pas l’enfer, et lui consacrer de l’amour et du temps. »
(p. 116)

- Raoul Vaneigem, Pour l’abolition de la société marchande, pour une société vivante, Payot & Rivages, 2002

Rue Louis Morard, Paris 14e Rue Louis Morard, Paris 14e. photo : nuage zéro. CC-BY-NC-SA.

Arcade Huang

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« L'Asie est alors objet, art et imaginaire, elle n'a encore rien d'humain, ou alors ce sont quelques « bête curieuses » qui débarquent et sont exposées dans la capitale en tant que « chrétiens convertis »,« spécimens rares » ou « princes exotiques »... À l'exception de quelques destins particuliers, comme celui du Chinois Arcadius Hoang (Arcade Huang), qui épousera en 1712 une Parisienne et travaillera plusieurs années à la Bibliothèque royale de Paris (...). »
- Pascal Blanchard & Éric Deroo, Le Paris Asie, La Découverte, 2004, p. 10

On trouve bien peu de choses en ligne sur ce mystérieux Arcade (quel prénom !) Huang... Si ce n'est cette fiche Wikipédia, et ce livre écrit par Danielle Elisseeff, disponible à la Réserve centrale des bibliothèques de la Ville de Paris. J'aurais aimé voir son image. J'essaye de l'imaginer, bibliothécaire chinois trottinant le long des trottoirs de la rue Vivienne, dans le Paris du début du XVIIIe...

Louis-René Boquet, Chinoise et Chinois, maquette de costumes, XVIIIe. Source : Gallica / BNFLouis-René Boquet, Chinoise et Chinois, maquette de costumes, XVIIIe. Domaine public. Source : Gallica / BNF
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