Psychogéographie souterraine

Psychogéographie souterraine
(...) si tous les visiteurs des sous-sols ne participent pas aux festivités souterraines, si tous ne consomment pas de stupéfiants, chacun d'entre eux en revanche subit le bouleversement physiologique induit par les oubliettes parisiennes, aucun ne peut faire l'économie de plus ou moins longues traversées. Perturbations sensorielles, fatigue, activité répétitive, visions monotones, avec pour fond un terrain psychologique adéquat, labouré par l'inquiétante étrangeté des lieux : bientôt c'est la douce léthargie, la séquence hypnotique s'est enclenchée, et déjà l'esprit vagabonde dans la richesse symbolique de ces parois plusieurs fois centenaires, saignées de tant de messages contradictoires ; les barrières ontologiques s'affaissent, le vivant se dissout dans l'inerte, l'inerte s'insinue dans le vivant ; aux retours aux origines charnelles s'ajoute, à travers cette immersion dans la roche, le retour aux origines de l'espèce, marquant ainsi la réunion des figures maternelles. La confusion temporelle fait irruption ; dans l'éternelle obscurité, le passé et le présent se confondent jusqu'à perdre leur sens.
- Aurélien Noyelle, Sous Paris, Lemieux, 2017, p. 230-231.

Écrire un commentaire

Quelle est la troisième lettre du mot wzysen ?

Fil RSS des commentaires de cet article