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I Am Not Your Negro

Deux passages particulièrement puissants dans le magnifique film de Raoul Peck I Am Not Your Negro (qui me laisse en larmes) : James Baldwin démontre avec classe et limpidité comme nous sommes tous englués dans des représentations, et que notre salut ne peut passer que par notre capacité à déconstruire ces représentations, à les reconnaître comme telles et non comme la « réalité ».

« L'industrie du divertissement, telle qu'elle est construite, est forcée de présenter au peuple un fantasme de la vie à l'américaine, qui se perpétue indéfiniment. Leur idée du divertissement est difficile à différencier de l'usage des drogues. Regarder la télévision, même peu de temps, c'est apprendre des choses vraiment effrayantes sur le sens de la réalité des Américains. Nous sommes cruellement coincés entre ce que nous aimerions être et ce que nous sommes vraiment. Il nous est absolument impossible de devenir ce que nous voudrions, tant que nous ne sommes pas prêts à nous demander pourquoi les vies que nous menons sur ce continent sont pour la plupart aussi vides, aussi insipides et aussi laides. Ces images ne sont pas destinées à déranger, mais à rassurer. Elles affaiblissent notre capacité à nous confronter au monde tel qu'il est, et à nous-mêmes, tels que nous sommes. »

Et un peu plus loin...

« L'histoire n'est pas le passé. C'est le présent. Nous portons notre histoire avec nous. Nous sommes notre histoire. Si nous prétendons le contraire, nous sommes littéralement des criminels.
Je peux certifier que le monde n'est pas blanc. Il ne l'a jamais été, ne peut pas l'être. Le blanc est une métaphore du pouvoir, juste une manière de décrire la Chase Manhattan Bank. »

James Baldwin, notes pour Remember This House, citées dans le film de Raoul Peck I Am Not Your Negro (2016).

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Et puis la voix de Baldwin. Son élégance. Sa précision cinglante. Son regard à la fois intense et fatigué.

James Baldwin - image tirée de I Am Not Your Negro de Raoul Peck
James Baldwin - image tirée de I Am Not Your Negro de Raoul Peck.

Il y a peu de temps, j'ai lu La prochaine fois, le feu, qui me donne envie de prendre ce type dans mes bras.

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