Le cyborg de Peterffy

2019-05-27

En 1987, l'homme d'affaire américain d'origine hongroise, Thomas Peterffy, brillant informaticien, fut l'un des tout premiers à comprendre que les traders de Wall Street et de tous les marchés financiers de la planète seraient peu à peu remplacés par des algorithmes :

« Restait à résoudre le problème de la saisie des ordres. Le réglement du Nasdaq exigeait qu'ils soient exécutés « à l'aide du clavier », mais il ne disait pas qui (ou quoi) devait se retrouver derrière ce clavier. Avec des bouts de caoutchouc et des pistons, les ingénieurs fabriquèrent des mains artificielles qui tapaient à la machine automatiquement. Et rapidement. (...)

Lorsque l'inspecteur du Nasdaq revient une semaine plus tard pour vérifier que tout était en ordre, il se retrouva face à un cyborg pourvu d'un œil énorme et de doigts artificiels, un mélange de mécanique du XIXe siècle, d'optique des années 70 et de code informatique dernier cri. Il regarda la machine s'agiter bruyamment sur son clavier. Peterffy sentit que la situation allait lui échapper et joua son va-tout, avec humour, en proposant de construire un mannequin autour du robot, comme pour donner l'illusion qu'il s'agissait d'une secrétaire en train de taper à la machine, mais l'inspecteur quitta les bureaux sans plus de commentaire. Il n'avait pas grand-chose à dire : le cyborg respectait les règles. »

Alexandre Laumonier, 6, Points Essais #858 p. 45 (2018)

Ghost in the shell

Mots-clefs : capitalisme finance THF cyborgs robots