...

Condorcet

« En 1791, lorsqu'il rédige ses Mémoires, Condorcet trouvera deux appellations pour ces formes d'enseignement : il oppose maintenant l'instruction publique à l'éducation nationale, et plaide en faveur de la première, la seule qui relève, à son avis, des compétences républicaines. L'éducation « embrasse toutes les opinions politiques, morales ou religieuses » ; l'éducation nationale donnera à tous les élèves le même esprit patriotique. Par contraste, l'instruction ne s'occupera plus de « consacrer les opinions établies », de « faire admirer aux hommes une législation toute faite », mais leur apprendre à « soumettre à l'examen libre » leurs propres convictions, à porter un jugement sur elles et, éventuellement, à le corriger. L'éducation vise à propager ses valeurs, à promouvoir ce qu'elle estime utile ; l'instruction enseigne « des vérités de fait et de calcul », elle ouvre l'accès aux informations objectives et offre aux hommes les outils permettant de faire bon usage de leur raison, afin « qu'ils puissent décider par eux-mêmes. »

Tzvetan Todorov, L'esprit des Lumières (Robert Laffont, 2006, p.68-69)

Besoin d'un ministère de l'instruction publique. Ou même simplement d'instruction publique, en se passant de ministère.

Mis à part cet extrait sur Condorcet, ce bouquin de Todorov — le premier que je lisais de lui, et que j'ai récupéré dans un carton de pilons à l'Insee — m'a un peu déçue et semblé assez vide... mais c'est peut-être parce qu'il servait surtout de passe-plat à une exposition à la BnF ? (que je n'ai pas vue)

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nuage zéro
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