De notre servitude involontaire

Jacques Gautier d'Agoty, L'ange anatomique

« Ainsi donc, lorsque nous proclamons notre hostilité au « système capitaliste », et que toutes les critiques que nous formulons s’adressent exclusivement à ses structures économico-politiques objectivées, au système-fait-chose, il est clair que notre analyse s’est arrêtée à mi-chemin et que nous avons oublié de nous interroger sur la partie intériorisée du système, le système-fait-corps, c’est-à-dire sur tout ce qui en nous contribue à faire fonctionner ces structures, causes de tant de dégâts autour de nous. Car enfin, ces structures économico-politiques oppressives et inégalitaires ne pourraient pas fonctionner sans le concours de ce que certains sociologues ont appelé un « esprit du capitalisme », c’est-à-dire sans une adhésion subjective des individus qui engage, au-delà même des idées conscientes et des sentiments explicites, les aspects les plus profonds et les plus inconscients de leur personnalité, tels qu’ils ont été façonnés par leur socialisation dans le système. »

Alain Accardo, De notre servitude involontaire (Agone 2001, page 29)

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