Feu calme

Bill Evans, New Jazz Conceptions, Riverside Records, 1956
Bill Evans, New Jazz Conceptions, Riverside Records, 1956

« Dès le départ – le vrai départ : son passage chez Miles Davis, Kind of Blue et Peace Piece dans son deuxième album Riverside -, il parlait de la beauté comme d’une chose qui n’est plus là. Comme d’une chose qui a été perdue et ne revient qu’en rêve, sous une forme spectrale, errant dans le brouillard. Mais cette forme n’est pas sa musique : c’est ce que sa musique a poursuivi sans trêve, à tâtons très souvent, quelquefois à bride abattue. Si bien que la brumisation posthume de Bill Evans, n’en déplaise à ses dévots qui la pratiquent avec ferveur, confine à l’entreprise sacrilège. Pour lui, il s’agissait de se rassembler, de se mettre en boule, de faire le hérisson et, la tête dans le clavier, de regarder en face la brume et ses fantômes. »

Alain Gerber, Bill Evans, Fayard 2001.

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