Ad nauseam

Classé dans : Non classé Mots clés : politique, discrimination, racisme, nausée, police, Paris

Ceci annule toutes les politiques volontaristes de réduction des inégalités... pour peu qu'il y en ait. J'ai la nausée.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, remet en question les pratiques de la préfecture de police de Paris en matière de contrôles.
"Des ordres et consignes discriminatoires enjoignant de procéder à des contrôles d'identité de 'bandes de Noirs et Nord-Africains' et des évictions systématiques de “SDF et de Roms” ont été diffusés", accuse par exemple le rapport du Défenseur des droits.
Extrait du Journal du dimanche, « Le "J'accuse" de Jacques Toubon au préfet de police à Paris », 13 avril 2019


Informatique analogique

« Selon Dyson, l’histoire des ordinateurs a commencé lorsqu’on a utilisé des composants analogiques en surplus de la Seconde Guerre mondiale, pour les assembler de manière à créer les premiers ordinateurs numériques. La révolution technologique à venir ira exactement dans le sens inverse. On assemblera des ordinateurs numériques pour en créer de plus puissants, analogiques.
Mais qu’on n’aille pas imaginer cela littéralement comme la création d’un nouveau type de machine. Pour Dyson, cette révolution est en effet déjà en cours, et ce retour à l’analogique s’exprime sous la forme des entreprises qui produisent, contrôlent et diffusent l’information. Ce sont elles, ces nouveaux « ordinateurs analogiques » : "Ces nouvelles organisations hybrides, bien que construites sur des ordinateurs numériques, fonctionnent comme des ordinateurs analogiques à une vaste échelle mondiale. Elles traitent l’information sous forme de fonctions continues et traitent les flux de bits de la même manière que les tubes cathodiques traitent les flux d’électrons ou que les neurones traitent l’information dans un cerveau."
Conséquence de cette révolution invisible, plus personne n’est aux manettes. On croit encore avec naïveté que les algorithmes sont en charge, ou même, les programmeurs qui les développent. Mais aujourd’hui, ces structures économiques sont largement devenues indépendantes. Elles ne se contentent pas de décrire la réalité sous la forme de modèles, elles construisent cette réalité.
(...)"La prochaine révolution verra l’ascension des systèmes analogiques avec lesquels se terminera la domination de la programmation numérique. La réponse de la Nature à ceux qui ont cherché à la contrôler à l’aide de machines programmables a consisté à nous permettre de construire des machines dont la nature dépasse tout contrôle programmable." »
Rémi Sussan, Le retour de l'informatique analogique, internetactu.net, 14 février 2019




Novecento

Classé dans : Notes de lecture Mots clés : Alesssandro Baricco, piano, océan, mer

Décidément, j'aime bien Alessandro Baricco, pour son talent de conteur et son approche toujours plurielle, chaleureuse et drôle des choses de la vie.

« C'était un dénommé Baster qui le lui avait raconté, Lynn Baster. Un paysan. Un de ceux qui travaillent comme des mules pendant quarante ans et n'ont jamais rien vu d'autre que leur champ, et peut-être une ou deux fois la grande ville, à quelques lieues de là, les jours de foire. Sauf que ce paysan-là, la sécheresse lui avait tout pris, sa femme était partie avec un prédicateur quelconque, et ses mômes la fièvre les lui avait emportés, tous les deux. Le type né sous une bonne étoile, quoi. Alors un jour il avait pris ses affaires, et il s'était lancé à traverser toute l'Angleterre à pied, pour aller jusqu'à Londres. Mais comme les routes ça n'était pas son fort, au lieu d'arriver à Londres il s'était retrouvé dans un petit village au milieu de nulle part, un endroit où, si tu continuais à marcher, après deux virages, de l'autre côté de la colline, pour finir, tout à coup, tu voyais la mer. Lui, il ne l'avait jamais vue, la mer. Et ça l'avait foudroyé sur place. C'était ça qui l'avait sauvé, à l'en croire. Il disait : « C'est comme un hurlement géant mais qui ne s'arrêterait jamais de crier, et ce qu'il crie c'est : “bande de cocus, la vie c'est quelque chose d'immense, vous allez comprendre ça oui ou non ? Immense !” ». Il n'y avait jamais pensé avant, ce Lynn Baster. Sans blague, ça ne lui était jamais arrivé de penser une chose pareille. À tel point que, dans sa tête, ce fut comme une révolution. »
Alessandro Baricco, Novecento : pianiste, Folio 2002, p. 62-63.

océan


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